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PREMIÈRE NOUVELLE

...pour une culture raisonnée

Articles avec #nouvelles catégorie

Trop fatigué. Pire. Fatigué. A en compter ses mots #1

Publié le 7 Décembre 2013 par Vince Bath dans nouvelles

Je lisais ces quelques mots, cinq maintenant huit sans savoir le moins du monde où TOUT ÇA allait me mener, étant dit et admis, je l'espère, que mon but est de ne pas en avoir, aller d'un point à un autre, franchir d'un BOND une virgule, observer à l’œilleton de deux points superposés une scène dissimulée et y surprendre : un couple faisant l'amour, hop, deux hommes complotant à voix basse, tellement basse que je ne saurais vous en dire plus, le rire étouffé de deux femmes dont nous sommes ici comme toujours, les hommes, nous ne sommes pas dupes, les cibles évidemment, que sais je encore ? : une souris dont je viens juste de surprendre le museau, rentrée maintenant effrayée par mes gros sabots, lesquels je vais retirer pour chausser mes pantoufles, tiens d'ailleurs! Je vais profiter de ce point qui en plus me servira d'assise. Cent quarante six.

 

Un rien essoufflé, je prenais la décision de m’asseoir plus souvent. Là . Puis là. Je décidais. Sans consultation de qui que ce soit de .M'arrêter donc d'user et d'abuser du point . À l'envie.

Non mais, je suis chez moi, je fais ce que je veux, je peux, si je veux, jusqu'à la tachycardie, quitte à aller à l'encontre de mes velléités de repos, franchir, tel un chevreuil, autant de virgules que je le veux, et je peux même décider de faire ça à l'infini ...Mais je ne le ferai pas.

Trop fatigué. Pire. Fatigué. A en compter ses mots.        (A suivre)

Trop fatigué. Pire. Fatigué. A en compter ses mots #1
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- Au milieu des yachts -

Publié le 25 Novembre 2013 par Vince Bath dans nouvelles

- Au milieu des yachts -

-1-

Allez ! Je me lance. Enfin, je me lance, j'y vais comme j'aborderais la Manche en plein mois de novembre. D'abord du bout d'un orteil qui, d'un coup saisi, très vite fait passer l'avis de grand froid à ses frères siamois. Le dos se courbe, les bras se croisent sur la poitrine, le regard se crispe sur les premières victimes.

La tentation est grande de plier les gaules, les jambes, de remballer le tout dans son grand sac en peau et de tout abandonner au chiffonnier.

Mais non, le regard va se risquer plus loin, au bout, tout au bout. A l'horizon, une ligne sur laquelle se trouve à coup sûr, forcément, toutes les histoires écrites et à écrire, une terre fertile. Je réduis mon champ de vision à cette seule ligne pour tenter de déchiffrer ne serait-ce qu'une poignée de ces minuscules signes, un point.

Tandis que mes extrémités immergées parodient la couleur des mers profondes et la dureté de leurs récifs, mimétique j'avance, intimidé mais décidé, d'un nouveau pas pour y voir plus clair. Je finirai bien par apercevoir sur cette ligne un premier mot par lequel il faut bien commencer mais encore une fois le seul qui me vient à l'esprit m'est inspiré de bien plus bas, par ce nouveau pas seul : froid. Froid associé cette fois-ci à mollet. J'avance.

L'inspiration qu'un Chateaubriand allait trouver au fond, tout au fond, les cheveux au vent, l’œil rivé à l'horizon, j'allais devoir la dénicher ici, à mes pieds.

-2-

Mollet : Saillie que forment à la partie postérieure de la jambe les muscles jumeaux et soléaire, dite aussi le gras de la jambe. Le mollet de la jambe, ou, simplement, le mollet.

Faux mollet, pièce rembourrée qu'on place à la partie postérieure de la jambe pour suppléer à un mollet insuffisant.

Voilà le mollet selon Littré. Quant à sa fonction, je l’apparenterais à celle d'une fronde doublée d'un propulseur antédiluvien que serait le tibia. Balancée derrière, insufflant l'élan nécessaire pour atteindre son but, le genou est propulsé, le pas effectué . J'avance.

Maintenant immergé jusqu'aux genoux : Deux cailloux comme deux projectiles jetés plus loin. Pas bien loin ralentis par l'élément hostile. Progression suspendue par les cuisses.

Les cuisses comme amortisseurs, ralentisseurs, ponctuation, points d’exclamation.

De quoi s'y arrêter. Je m'arrête.

Bien posé sur ses deux cuisses, on a envie de dire : « Alors !! Voyons voir !!» On y fait le point. On regarde derrière soi : orteils tétanisés, yeux qui se ferment pour voir plus loin, fronde des mollets, jet de cailloux, résistance des cuisses …à quoi bon .

Et puis il y a cette terre encore derrière, point central, d'où tous les chemins nous sont offerts.

Ou aucun .

De nouveau, le dos se courbe et le point d'exclamation se meut en point d'interrogation.

Tentant décidément : de sa peau faire sa valise et la remiser au placard.

Je digresse d'un coup d’œil à droite, d'un coup d’œil à gauche et me voilà , sans m'en être aperçu, immergé jusqu'à la taille.

Me voilà embusté. Sans doute l'attitude la plus digne et la posture la plus créatrice. L'écrivain n'exerce t-il pas en buste derrière son bureau ? J'avance. Pétrifié.

De pierre, je serai donc sentencieux. Je lancerai des phrases définitives, gravées à jamais dans ma matière. Du genre : « L'écrivain n'exerce t-il pas en buste derrière son bureau ? » J'avance mais force est de constater qu'il m'est impossible de tenir la pose sans m'interroger .

Mon buste serait-il de sable ? Curieux de tous les courants ?

Qu'à cela ne tienne, j'y suivrai donc, selon mon humeur, le poisson clown aussi bien que le requin tigre.

-3-

Va, fort d'un moral au plus haut ce matin, pour le poisson clown.

Le poisson-clown appartient à la famille des pomacentridés, vit en bonne entente avec une dizaine d'espèces d'anémones de mer criminelles.

Tim Adler, dans son livre « La mafia à Hollywood » révèle que la connivence entre studio et mafia perdura jusque dans les années 90. Hors « Le monde de Némo » sort en 2003. L'astuce est connue, que le criminel avoue ses crimes après prescription pour ensuite avoir les coudées franches . Que penser alors des réalisateurs de cet inoffensif dessin animé Lee Unkrich, Andrew Stanton qui traitent par dessous la nageoire des relations que pouvaient entretenir le héros, innocent puisqu'affublé d'un nez rouge, avec la pègre sous marine. Et par conséquent de Tim Adler.

On nage en eaux troubles.

Où furète encore, alors que mon humeur s'assombrit, le requin-tigre :

Le requin-tigre selon Wikipédia (Galeocerdo cuvier) est une espèce de requin de la famille des carcharhinidés et l'unique représentant du genre Galeocerdo.Le requin-tigre fait partie des plus grandes espèces de requins. Il mesure généralement de 3 à 4 mètres, pour un poids moyen de 500 kg. On le trouve dans les océans tempérés et tropicaux. C'est un requin solitaire, chassant en général de nuit. Il possède une nageoire caudale hétérocerque, fine et pointue. Son corps brun-gris est strié de rayures verticales sombres, particulièrement visibles chez les jeunes adultes, les juvéniles quant à eux arborent une livrée argentée tachetée comme celle du léopard. Les tâches deviennent barres avec l'âge puis disparaissent à la maturité sexuelle (2,70 m, croissance très lente). Ce sont ces rayures qui lui valent le nom de requin-tigre.Le requin-tigre compte parmi les espèces de requins dangereuses pour l'homme. Il est d'ailleurs classé comme second dans les attaques perpétrées sur les êtres humains, derrière le grand requin blanc1. Néanmoins, les attaques de requin sont très rares

-4-

J'avance. Pas plus rassuré que ça. Vite me met en quête d'une embarcation ; une barque, un pédalo, m'en fous. Juste envie de quitter les profondeurs, de rester en surface, encore mieux de m'en éloigner et d'avancer en bonne compagnie.

Vous remarquerez qu'en mer on paye au prix fort la distance qui nous sépare de sa surface. Si j'avais les moyens, j'embarquerais pour une croisière sur un paquebot, me soucierais assez peu de tout le reste, de tout ce qui se trouve au delà des limites de la poupe, de la proue, de bâbord, de tribord, des œuvres mortes, occuperais mon temps à sympathiser tout en gardant à l'esprit qu'au moindre coup de vent il faudra se tenir prêt, prêt à jouer des coudes avec son nouvel ami pour se faire une place dans un canot de sauvetage.

En bonne compagnie.

Le plus sage serait d'embarquer directement sur un canot de sauvetage. Ceux-ci sont prudents qui embarquent directement sur un canot de sauvetage ; ils connaissent la nature humaine, ne tentent pas le diable. Parent à toutes éventualités de naufrage. Ils s'enquièrent de la météo, de l'état de la mer, s'équipent de radeaux de survie, de gilets de sauvetage, de balises de détresse, alors seulement, seulement si toutes les conditions sont réunies, sortent, mais rentrent au port dès que la mer se ride, que les moutons apparaissent, déclenchent les fusées de détresse dès lors que les moutons de prés salés disparaissent, et savent qu'ils pourront compter sur le récit qu'ils feront de leur balade en mer pour rendre l'auditoire captif. J'avance.

-5-

Je dirai avoir été, embarqué sur un voilier, « surpris par une violente tempête à hauteur des quarantièmes rugissant », que j'ai du échapper aux requins-tigres « dont les attaques sont néanmoins très rares », aux anémones de mer meurtrières, aux poissons-clown qui ne ratent jamais une occasion de rire de notre tragédie puis avoir échoué sur une île déserte peuplée d'hommes minuscules, tellement qu'invisibles, inaudibles, imperceptibles « auxquels il a bien pourtant fallu échapper », je lui parlerai de ma fuite, de mes peurs , du froid, de l’abattement ressenti jusqu'à la paralysie, des délires fatals, du regain d'espoir quand j’aperçus un point sur la ligne d'horizon, que quelque-chose enfin s'écrivait, de mon immense joie grandissante quand je réalisais que ce point était en fait une embarcation, en fait un yacht, en fait un paquebot, de ma colère, de ma haine de toute l'humanité quand son capitaine me fit comprendre qu'il n'y avait plus de place à bord, de mon infinie gratitude quand il me lança enfin, malgré la désapprobation des croisieristes , un canot de sauvetage...

En cas de doute, mon auditoire demandera des preuves.

Je lui montrerai moi, d'un coup de menton vers le port,

le canot de sauvetage amarré plus bas au milieu des yachts.

-FIN-

C'est décidé, je me servirai de mon manque d'inspiration pour écrire. Je lui ferai craché de la ligne

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